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Fédération des  Centres de Planning et  de Consultations

 

Fédération des Centres Pluralistes de Planning Familial

« Vive la vie ! »
Une alternative à la campagne menée par le Collectif «  Papa, Maman et moi » contre l’avortement

Un appel a été lancé par le collectif « Papa, maman et moi » pour faire du 25 juillet prochain une journée européenne contre l’avortement. En route donc contre la loi de 1991 autorisant une dépénalisation partielle de l'avortement !

« Notre action pour la famille continue : relançons le combat contre l'avortement !...

Le collectif "Papa, Maman et Moi" tient à rester vigilant face à toutes les attaques menées contre la Famille et à établir en ce sens des passerelles entre le réseau associatif européen.

Nous ne pouvions donc rester insensibles à la question de l'avortement.

Voilà 15 ans que celui-ci est légalisé en Belgique. En 15 ans, au bas mot un million d'enfants[1] auront été privés de leur vie. Un million de petites victimes innocentes... Ici, chez nous, dans notre pays qui, paradoxalement souffre tant du vieillissement de sa population. »

Les membres de ce collectif, résument l’éventail des positions via à vis de l’avortement à un choix dichotomique : « est-on pour ou contre l’avortement ? ».

Est-il bien opportun de poser la question en ces termes ?

Se positionner contre l’avortement signifierait que d’autres personnes sont pour l’avortement.

Non, personne n’est « pour » l’avortement. Aucune femme ne désire se trouver enceinte pour pouvoir se faire avorter, aucun couple ne se réjouit de se retrouver face au médecin pour parler d’une interruption volontaire de grossesse. Ce sont les conditions de détresse de ces couples/femmes qui les y amènent.

La pratique d’avortements n’est pas nouvelle. Difficile  de dire le nombre de femmes qui y ont eu recours parfois au péril de leur vie ou avec des conséquences graves comme la stérilité. Pensons à celles qui ne connaissaient pas de réseau clandestin et tentaient de provoquer une fausse couche en se mettant directement en danger.

Il nous semble utile de rappeler que la loi de la dépénalisation partielle de l’avortement vise simplement à permettre aux femmes de pratiquer un avortement dans des conditions qui ne mettent pas leur santé en péril et favorisent un accompagnement psychosocial autour de la demande afin qu’un nouvel échec de contraception soit évité dans le futur. La légalisation oblige aussi à une transparence financière autour de la pratique évitant un dérapage possible pour toute chose agie dans la clandestinité.

Il est par ailleurs étonnant et plutôt inquiétant de ne trouver sur le site de « Papa, maman et moi » aucune définition de ce qu’ils entendent être  « la Famille ».  Un enfant entouré d’un père et d’une mère ? Est-ce le seul modèle familial promu par cette association. Les familles recomposées n’auraient-elles pas de place ? Les enfants de familles divorcées considérées comme persona non grata ? Quelles sont donc les motivations de cette association à se retrancher derrière cet idéal normatif ?

Une autre singularité est le lien direct fait entre avortement et vieillissement de la population.

On ne parle donc déjà plus de « la Famille » mais bien de politique familiale et démographique indispensable à leur vision de la survie du pays.

Il aurait aussi été plus clair de leur part de spécifier que c'est le  vieillissement de la population autochtone qui les inquiète. Car en lame de fond, c’est bien de cela qu’il s’agit, comme nous le montre un extrait de site Internet parmi les liens favoris du mouvement.

« Cette promotion idéologique du meurtre de masse (ndlr : ils parlent de l’avortement) à coup de millions payés avec nos impôts fait froid dans le dos. Un an plus tôt, le Conseil de l'Europe avait publié un rapport alarmant sur le déficit des naissances en Europe : la solution préconisée était l'augmentation de l'immigration. Cherchez l'erreur...." 

Un discours xénophobe.

Mais poussons un peu plus loin notre recherche.

Laissez-les-Vivre – SOS Futures Mères – site Internet français – autre site favoris du collectif.

 

« Si, pour enrayer le vieillissement de la population et permettre le renouvellement des cotisants, il faut 300 000 naissances supplémentaires par an, il est stupide d'en tuer au même moment 250 000 chaque année par avortement.
Actuellement, les charges vieillesse (retraites et charges médico-pharmaceutiques) représentent deux fois et demi la moyenne nationale, augmentent rapidement et pèsent sur la population active cotisante, déjà écrasée par les prélèvements obligatoires les plus élevés du monde.
La vitesse d'accroissement annuel de ces charges double à partir de 2006, et cela au moins jusqu'en 2033, rendant la vie intenable à cette population active, elle même en diminution numérique du fait du passage dans la vie adulte des générations amputées de 20 % par l'avortement depuis 1975.
 »
(Courrier de LLV - SOS FM, n° 116, premier trimestre 1999)...

 

« Les drames qui se préparent ne sont pas des drames inévitables, imposés, par exemple, par la nature, et auxquels on ne pourrait rien. Il s'agit de drames volontairement provoqués par une volonté humaine malfaisante. » (Courrier de LLV - SOS FM, n° 114, troisième trimestre 1998)

Le ventre des femmes re-devient le nouveau socle de toutes les focalisations de ces mouvements réactionnaires et xénophobes.

Réagissons !


[1] Pour rappel les différents stades de la grossesse sont nommés : œuf  de 0 à 10 jours ; embryon du 11ème jour au 4ème mois, fœtus à partir du 4ème mois, stade qu’il garde jusqu’à la naissance. Le terme enfant n’étant utilisé que lorsque le fœtus est sorti de ventre maternel.

 

Lien vers pétition Vive la vie